«Rien n’est noir» : une déclaration d’amour à Frida Kahlo

Rien n’est noir est le dernier roman de Claire Berest, sorti pour la rentrée littéraire. Il évoque la vie de l’artiste mexicaine Frida Kahlo sous l’angle particulier de sa relation à son mari, le peintre Diego Rivera.

C’est un livre particulièrement audacieux dans son approche du sujet : le choix du genre romanesque, plutôt qu’une simple biographie purement factuelle, pour aborder la vie de l’artiste est novateur et intriguant.

L’angle que choisit Claire Berest est à la fois original et parfaitement approprié. La peinture est utilisée pour décrire les différentes étapes de la vie de l’artiste, associant une couleur à un moment et une émotion. Ce sont des couleurs vives qui apparaissent, rappelant celles présentes sur les tableaux de la peintre. Il y a quelque chose de très saisissant dans l’écriture de ce roman, presque organique, vivant et naturel. L’histoire en elle-même ne peut pas être surprenante, c’est donc le style de l’auteure qui lui donne une nouvelle fraîcheur et un nouvel attrait. La passion que ressent Claire Berest pour Frida Kahlo, qui l’a accompagnée toute sa vie, est perceptible dans chaque mot. Il s’agit également de la passion entre deux êtres, Frida et Diego, qui est représentée sans fard. Elle est cependant un peu romancée, car l’écrivaine n’est pas objective sur cette relation ; on ressort de la lecture en retenant l’amour positif que le couple ressentait et non sa dureté et la douleur qu’il a causée à cette femme.

Il n’y a pas non plus de faux-semblants concernant la peintre. Elle est représentée dans toute son imperfection et son humanité. Son corps blessé, est mis à nu autant qu’il l’est dans ses tableaux. Il s’agit de montrer au lecteur la vérité entière de Frida et pas seulement sa beauté extérieure. C’est aussi un esprit qui est mis au jour : celui d’une femme forte mais sujette à des moments de faiblesse, en particulier concernant son mari.

Ce livre est un bon accompagnement du film Frida, (2002) de Julie Taymor. Ils abordent de la même façon la vie de Frida en associant ses étapes à ses tableaux. La relation de la peintre à la peinture est très personnelle ; pour comprendre l’une, il faut voir l’autre, et inversement.

Enfin, la forme romancée est une bonne façon d’aborder la vie de l’artiste pour un lecteur ignorant de son histoire ou de son œuvre. La fiction assouplit une narration qui pourrait très vite être sèche dans une biographie. C’est un bon premier pas dans l’existence de Frida Kahlo. À un lecteur qui la connaîtrait déjà, le livre ne va pas apporter d’information supplémentaire. Il a cependant un charme qui lui est propre et qui permet de se laisser emporter par le rythme de la narration. Rien n’est noir peut donc être apprécié par des néophytes comme des connaisseurs de l’œuvre de la peintre.

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