«Rien n’est noir» de Claire Berest, un roman soutenu par ses lecteurs

En janvier, il est temps de revenir sur la réception critique du roman de Claire Berest sur l’artiste Frida Kahlo, entre les mains du public depuis quelques mois.

Il y a eu assez peu d’articles ou de communication autour du livre, comparé à d’autres romans de la rentrée littéraire, en particulier ceux d’autres auteurs plus reconnus.

Nominé pour trois prix, et n’ayant pas remporté deux d’entre eux, Rien n’est noir semble passer un peu inaperçu à la suite de la rentrée littéraire. On l’a ainsi vu dans les premières listes pour le prix de Flore, le Grand prix des blogueurs littéraires 2019 (où il est arrivé second) et le Grand prix des lectrices de Elle 2020 dont les résultats ne seront pas annoncés tout de suite. Rien n’est noir apparaît comme un livre plus recherché par les lecteurs que par les journalistes.

La presse au cours de ces quelques mois ne lui consacre qu’une douzaine d’articles – y compris hors de l’hexagone – vantant la qualité de l’écriture, et n’allant guère plus loin pour promouvoir le livre, à l’exception de celui de L’Express du mois d’août. La radio, quant à elle, se contente de quatre ou cinq interviews assez répétitives, si ce n’est pour la première effectuée à France Culture, qui est enrichie par des documents sonores proposés par la journaliste. C’est au nombre de deux que se cantonnent les apparitions à la télévision du roman ; est néanmoins à noter la présence de l’auteure sur le plateau d’On n’est pas couché. Le consensus médiatique semble indiquer que le livre est de qualité, sans être extraordinaire.

C’est hors du cercle des professionnels de la critique qu’il faut rechercher une véritable critique et le réel thermomètre de la réception, du côté des lecteurs. Les libraires promeuvent le livre à travers des encarts « Coup de cœur » et des dédicaces de l’auteure qui n’hésite pas à se déplacer dans toute la France. Les blogs sont néanmoins le cœur de la mesure de la réception. Les avis sont partagés, le roman déclenche les passions. Certains pensent qu’il s’agit d’un chef d’œuvre, d’autres sont passés à côté de l’histoire et n’ont pas été touchés. Une troisième catégorie reconnaît des qualités stylistiques et littéraires à Rien n’est noir mais s’admet un peu indifférente au récit. Pourtant, s’il faut analyser une tendance générale dans la blogosphère, les retours sont positifs. Sans faire l’unanimité, le roman a une solide base d’amateurs qui le recommandent à ceux qui les suivent.

Alors qu’on peut avoir l’impression que le livre est sorti dans la presque totale indifférence de la critique, il est impossible de nier que cinq mois plus tard, il est toujours mentionné. En décembre, il connaît même une sorte de renouveau promotionnel. Il touche, par ailleurs, des lecteurs francophones du monde entier et est déjà prévu en traduction dans plusieurs pays. Un bilan positif bien que discret est donc à tirer de ce roman passionnant et passionné.

À lire aussi : Rien n’est noir : une déclaration d’amour à Frida Kahlo