« On ne touche pas » de Ketty Rouf : une réception critique unanime

Prix du premier roman 2020, On ne touche pas s’impose dans les journaux et sur les réseaux sociaux.

Cette rentrée littéraire de septembre aura été particulièrement douloureuse pour le monde du livre. Avec l’arrivée de la Covid-19, certaines maisons d’édition ont fait le choix de ne publier que des auteurs reconnus. D’autres, dans le risque, ont tout de même laissé leur chance aux nouveaux romans : c’est notamment le cas d’Albin Michel, qui publie le 19 août 2020 On ne touche pas, de Ketty Rouf. Un premier roman qui s’impose, puisqu’il remporte, le 20 octobre 2020, le prix du Premier Roman.

Même si son entrée dans le monde littéraire se fait dans des circonstances particulières, le roman de Ketty Rouf a su faire parler de lui : journaux, magazines, revues spécialisées, blogs, réseaux sociaux… tous sont unanimes : On ne touche pas est un excellent premier roman qui amène à la réflexion des préjugés et de l’image de soi.

En effet, le roman récolte majoritairement des critiques positives : le magazine Causette, par exemple, considère le roman comme « Une réflexion, dans les deux sens du terme, sur le rapport à soi et aux autres. Une écriture classique qui déroule des thématiques profondes et subversives : c’est le double effet de ce roman très singulier. »[1]

Et les éloges s’enchaînent : L’Avenir, quotidien belge, nous parle d’un roman « plein de sensualité, parfois cru. Une très bonne surprise pour ce premier roman de Ketty Rouf. »[2] Franceinfo, radio publique d’information française, publie elle aussi un article sur son site Internet dans lequel elle décrit On ne touche pas comme « un premier roman qui dissèque habilement le rapport au corps et à la liberté »[3]. Cependant, bon nombre d’articles manquent cruellement d’analyses approfondies et ne se contentent, bien souvent, que de paraphraser le résumé du roman.

C’est, contre toute attente, sur les réseaux sociaux et les blogs qu’on trouve abondance d’avis personnels et justifiés : sur Instagram, par exemple, 311 publications sont recensées avec le hashtag #onnetouchepas, et la grande majorité affichent des critiques très positives, comme celle de @ciloulecture, bookstagrameuse : « Résolument féministe, jamais vulgaire, sensuel et touchant. Cette lecture nous renvoie à nos choix de vue et à l’importance de l’épanouissement personnel. Un premier roman brillant, servi par une plume très juste. »[4]

Dans son émission Vive les livres sur CNEWS, Patrick Poivre d’Arvor évoque On ne touche pas comme un roman coup de coeur : « Je vous conseille Ketty Rouf, On ne touche pas. C’est une jeune femme qui est professeure de philo le jour mais qui, la nuit, va dans des boîtes de nuit et va se transformer dans un club de strip-tease aux Champs Élysées. C’est chez Albin Michel et l’écriture est forte. » [5]

Loin de rattraper L’Anomalie de Hervé Le Tellier, le prix Goncourt 2020, On ne touche pas a tout de même su se frayer un passage jusqu’au coeur des lecteurs. Même s’il comptabilise quelques critiques négatives sur son style assez direct et franc ou son manque de rebondissements, le roman séduit par ses thématiques fortes et controversés.

On attend donc avec impatience le prochain roman de l’auteure, actuellement en cours de rédaction.

Sur le même thème : « On ne touche pas », de Ketty Rouf : un premier roman qui casse les codes

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[1] H.A, « Ketty Rouf, la plume qui déplume », Causette, le 1 septembre 2020.

[2] A.Vt. « La philosophie et le désir des hommes », L’Avenir, le 20 août 2020.

[3] Carine Azzopardi, « On ne touche pas », de Ketty Rouf : un premier roman qui dissèque habilement le rapport au corps et à la liberté », FranceInfo, le 2 janvier 2021.

[4] @ciloulecture, Instagram

[5] Patrick Poivre d’Arvor dans Vive les livres, émission du 07/10/2020.