Un livre qui déchaîne les passions

Le dernier roman d’Amélie Nothomb a connu un énorme succès, aussi bien auprès du public que des intellectuels français. Si les lecteurs sont chaque année au rendez-vous, Soif a su séduire davantage et susciter l’intérêt des jurés du Prix Goncourt.

Photo de Jean-Paul Dubois, lauréat du prix Goncourt, qui pose avec son livre récompensé.Dès la publication de Soif le 21 août 2019, la radio, la télévision, les journaux et divers sites internet se sont emparés du phénomène Nothomb pour alimenter leur activité médiatique. Le 27 octobre, après l’annonce des finalistes du Prix Goncourt, une vague d’articles de presse submerge les journaux et magazines. Soif serait-il le roman de la victoire ? Après deux sélections sans succès, Amélie Nothomb tient peut-être enfin sa chance ! Mais les fans de la romancière seront déçus car c’est Jean-Paul Dubois qui remporte la prestigieuse distinction pour son livre Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Qu’à cela ne tienne, l’écrivaine au chapeau n’a pas dit son dernier mot et son Jésus continue de déchaîner les critiques. Tantôt encensé, tantôt détesté, Soif fait parler les journalistes et lecteurs. Revues populaires, quotidiens de gauche, magazines littéraires ou économiques et financiers, toute la presse se saisit du dernier roman d’Amélie Nothomb.

Quand on écrit sur un sujet aussi sensible que la religion, il faut s’attendre à recevoir des critiques négatives. Mais quand on écrit sur la religion en se mettant dans la peau de Jésus, il faut s’attendre à se mettre à dos bon nombre de religieux et croyants. Amélie Nothomb n’a que faire de ses détracteurs, Soif c’est le livre de sa vie et elle en rêve depuis qu’elle a deux ans et demi. Curieusement, les magazines et revues catholiques apprécient Soif et reconnaissent volontiers le talent et l’audace de l’auteure qui ne cesse de surprendre. Les moins étonnés sont les prêtres, qui affirment le droit qu’a chacun, de vivre la religion à sa manière. En revanche, les critiques les plus virulentes émanent de croyants outrés que la romancière ait osé écrire sur le Christ à la première personne du singulier. Amélie Nothomb ne se dit pas spécialement touchée par ces critiques car elles ne sont pas celles de ses lecteurs fidèles, qui comprennent sa démarche d’écriture.

Dans les magazines littéraires, l’auteure belge se fait discrète. Sans doute la notoriété qu’elle a déjà acquise depuis les années quatre-vingt-dix se suffit-elle à elle-même. Au sein des quotidiens régionaux et populaires, elle est souvent décrite comme « l’événement de la rentrée littéraire ». On parle d’elle autour d’une séance de dédicace prévue dans la ville, ou d’une messe à laquelle elle a été invitée ! Les croyants n’ont qu’à bien se tenir, l’écrivaine belge à la fois prodigieuse et déjantée va troquer sa mythique coupe de champagne contre une hostie.

L’ultime critique serait celle du Pape, mais l’auteure pourtant chevronnée ne se dit pas encore prête à lui envoyer son livre…. Le Vatican devra patienter !

 

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