Rouge Impératrice, Léonora Miano

C’est dans un merveilleux roman d’anticipation que Léonora Miano nous livre sa vision d’un monde parfait. Entre intrigues amoureuses et enjeux politiques, son nouveau chef d’œuvre séduit par son audace.

C’est par une intrigue particulièrement saisissante que Léonora Miano nous plonge dans un univers exotique. Chaque page est un pur délice par sa finesse dans la description des coutumes, des rites, des cultures ainsi que des lieux. Rouge Impératrice nous transporte dans un voyage tant géographique, par cet aperçu du continent africain, que temporel. En effet, la romancière explore le passé en le confrontant au futur posant ainsi un regard sur la mémoire et l’identité culturelle. Cependant, loin de s’en tenir à la projection d’une utopie par la vision panafricaine qui s’impose dans le roman, Léonora Miano interroge les maux de la société actuelle.

En peignant les tensions entre le continent africain et la France et en inversant les rôles, la romancière tend à établir une réflexion sur les crispations identitaires qui sévissent sur le monde d’aujourd’hui.

C’est au milieu du combat entre les Sinistrés et les membres de l’Etat que Léonora Miano ajoute une touche de romantisme à son œuvre. Elle compose une merveilleuse histoire d’amour entre Boya, une universitaire en faveur des Sinistrés et Ilunga, un chef de l’état. L’harmonie dans leur relation instaure en le lecteur un sentiment de profonde plénitude. Ce calme, Léonora Miano le recherche en faisant prôner dans son ouvrage un certain mysticisme. Pilier fondamental de l’état qu’elle tend à mettre en place, cet engouement pour la spiritualité émane le long du roman. Pourtant une tache sombre affecte Rouge Impératrice. Si l’écriture aspire à une certaine profondeur, elle reste malgré tout assez confuse et a tendance à partir dans tous les sens. En effet, la surabondance des combats de Léonora Miano, par sa lutte en faveur du panafricanisme, son combat contre les inégalités sociales ou encore par son implication pour la cause féminine, nuit à la compréhension de l’œuvre.