Copyright : Edition L'Iconoclaste
Livre de Mathieu Palain aux éditions L’Iconoclaste

« Pourquoi certains s’en sortent et d’autres non ? » La question de Ne t’arrête pas de courir

 

Publié chez L’Iconoclaste en août 2021, le récit de vie que nous offre ce livre n’est pas à lire à la légère et le lecteur doit être conscient dans quel univers il est sur le point d’entrer. Comme les psychologues le disent à Mathieu, il nous faut « nous protéger » durant la lecture de Ne t’arrête pas de courir.

J’ai beaucoup aimé ce livre, le récit que nous présente Mathieu Palain est intimiste. À la fin de ma lecture, ma vision de l’univers carcéral ainsi que des condamnés était assez ébranlée et je ne savais plus vraiment quoi penser.

Lorsque j’ai lu la dernière page, je ne pouvais pas m’empêcher de sourire, heureuse pour Toumany Coulibaly. Ce livre est pour moi un coup de cœur et je le recommande à tous ceux qui veulent découvrir son histoire.

 

Athlète le jour, voleur la nuit…

Mathieu Palain nous livre le récit d’un jeune homme qui entre ses aller-retour en prison devient champion de France de 400 mètres. L’auteur se dévoile tout autant à travers ce livre miroir, tous deux viennent du même quartier et aiment le sport, l’un suit la voie du journalisme alors que l’autre devient athlète et criminel. Leur première rencontre se fait dans un parloir de prison, par l’intermédiaire d’un sms envoyé un an après la lettre de Mathieu.

Mais ce livre ne parle pas seulement des deux hommes, il donne aussi la parole à des détenus de prison. À travers les lignes, nous entrons dans leur cellule, leur cour grillagée, et leur quotidien de prisonnier. Nous écoutons la parole de ceux qui y ont été emprisonné alors qu’ils étaient innocents, ceux qui ont passé plus de temps de leur vie à l’intérieur qu’à l’extérieur et qui ont fini par craindre de sortir. Par ces entretiens, on ressent la détresse des prisonniers et le temps qui passe lentement : « Bardet a cinquante-cinq ans et demi. Il compte les demis, comme les enfants, parce que six mois en cage, ça compte ».

 

Un roman-fenêtre sur l’univers carcéral

Le livre se termine au 1 553e jour d’incarcération de Toumany, nous pouvons nous sentir heureux ou rester neutre face à son sort. Toutefois, a

ucun lecteur ne peut nier avoir été « retourné » par le récit de Toumany, de Mathieu et de tous les autres détenus rencontrés.
Tout cela explique, selon moi, le succès de Ne t’arrête pas de courir. Bousculer notre vision du système carcéral et nous amener à nous questionner dessus après avoir refermé le livre.

 

Ne t’arrête pas de courir, Mathieu Palain, L’Iconoclaste, 2021, 19,00 €